Ici l’on ne s’ennuie jamais. Tout est toujours en mouvement. Du haut des Cieux où tout est à la fois lumineux, paisible, limpide et serein, dans une étincelante plénitude, c’est certainement différent. La Terre lorsqu’elle est vue du Ciel est de l’ordre du pur spectacle. La Terre vue de l’Espace n’est que beauté. Puisque nous sommes sur Terre et qu’il faut s’y habituer, et que l’ordre céleste pour ainsi dire, n’est pas celui qui nous apparaît ici-bas le plus spontanément, -encore que ce n’est qu’une question de perspectives et de regard que nous posons sur la vie, sur les êtres et les choses-, il nous faut occuper le Temps qui nous accompagne dés la naissance et nous conduit jusqu’à la mort. Ma situation dans l’espace ne valant que pour moi, autant y mettre autant que faire se peut, un peu de Bonne Volonté. Que reste-il après de nous ? Je demeure persuadée que rien ici-bas ne naît du hasard, que chacun ici a sa place, que nous dépendons tous les uns des autres, quand bien même de nos jours l’Universalité de la Raison n’est plus rien qu’un discours aussi vide que creux puisque dans les faits elle ne dicte pas nos comportements, nos conduites ; ou bien peu.
Si ce n’est que depuis que les pôles se déplacent, il y a des perturbations magnétiques considérables. Avec le réchauffement climatique et les catastrophes en séries, séismes, tremblements de terre, cyclones, tsunamis, c’est toute la configuration terrestre qui rapidement se transforme, jusqu’au déplacement des équinoxes eux-mêmes, d’autant plus que le flux magnétique autour de la Terre est aussi influencé, que nous le voulions ou non, -ou telle est ma croyance-, par l’énergie vibratoire des niveaux de conscience harmonieux et disharmonieux, positifs ou bien dissonants, favorables et/ou destructeurs, de la somme des êtres humains qui composent la totalité de l’Humanité. Ainsi participons-nous au Cosmos et à l’Univers tout entier.
Je suppose qu’une fois que nous serons morts, nous verrons la Terre et la Vie bien différemment. Pour ceux pour qui la mort, en effet est la fin de tout, et non pas la face sacrée de l’autre côté de la Vie, il est fort possible en effet, que ces superstitions soient bien difficiles à imaginer. Pour ceux qui croient que la mort n’est pas, ou bien ne peut pas être, la fin définitive de tout, ce peut être un espoir supplémentaire de salut ; j’y vois moi le repos total dans la plénitude infinie de l’amour éternel de Dieu. Une autre forme d’existence sans rapport avec celle-ci. Sans rapport avec la matière, l’existence terrestre. De là, je me préoccupe de la vie, parce que la mort et son cortège de paix viendront bien assez tôt. Cependant il demeure que je suis persuadée, que la mort en effet, ne peut être la fin de tout.
Autant dire que l’Ordre du Monde et sa préservation, n’est pas seulement sans doute qu’une question d’effet de serre, d’ozone, d’activités humaines qui infligent à l’environnement des dégâts malheureusement irréversibles, eaux et atmosphères polluées, guerres, famines, surpopulation, pandémies, maladies, espèces animales, végétales, en voie de disparition, catastrophes dites naturelles et que l’on ne fait pas même l’effort de prévenir et d’éviter, époque cannibale que la mort, la dégradation et la destruction des êtres humains n’affecte pas ou peu, émeutes de la faim depuis que les prix des denrées alimentaires de base ont augmenté, exodes de populations, immigrations forcées dans tous les sens du terme et dans toutes les directions, ce sont les bourses et le profit, l’économie, qui dictent leurs lois ça et là, par-delà l’émergence des processus démocratiques, c’est une Humanité, pleine d’indécence et d’indignité qui le plus souvent s’offre à nos yeux, quel Dieu pourrait vouloir sauver ce monde-là qui de lui-même se putréfie, se décompose et nous donne honte à nous-mêmes d’y être établi, d’y participer?
Il y a aussi à mon sens, bien des déséquilibres qui détériorent de façon plus subtile et plus imperceptible toute l’Humanité dans son ensemble mais qui passent plus inaperçus. Or nous en sommes responsables. L’idée que l’homme produit le mal pour ainsi dire par nature ; alors qu’il n’est effectivement que le produit de sa volonté et de sa liberté. L’idée que l’homme est en perdition dans ce monde, et qu’il devient de là, l’unique responsable de sa propre chute, sans que cela d’ailleurs ne choque plus personne, vu le courage environnant et le chacun pour soi qui évidemment partout prime. L’oubli de l’Idéal que doit constituer la Justice. La perte de toute idée, de rédemption et de salut à travers l’action collective, une certaine indifférence très convenue à l’égard de l’humanité entendue en qualité d’espèce, la perte de l’Universel et de l’Esprit Universel qui voyait en chacun un Citoyen du Monde; très belle déshumanisation dont chacun se lave les mains. C’est un monde effectivement laid que nous léguons à nos enfants, et c’est peut-être dans une humanité encore plus cruelle que nos descendants auront à survivre.
La Condition Humaine, en devenant inessentielle, nous condamne invariablement, à sortir nous-mêmes des rangs, d’une Humanité préférable. Pourtant ces désastreuses conséquences, en effet nous concernent tous, tous autant que nous sommes en qualité d’Êtres Humains. Mais l’Humanité entendue dans son sens le plus large et le plus Idéal, l’Humanité qui par exemple pourrait s’identifier à la plus belle des œuvres d’Art que les hommes aient pu à ce jour concevoir, à savoir La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dans sa formulation de 1948, cette Humanité-là n’existe pas encore à proprement parler dans le cœur et l’esprit des hommes. Depuis la nuit des temps, cet espoir-là a traversé l’Histoire avant de trouver sa formulation juridique. Quand bien même aujourd’hui nous l’avons obtenu, quelle belle hypocrisie… Ils s’en lavent les mains tous ceux qui signent des contrats, amassent des milliards, de ce monde inhumain qui prolifère partout.
Dans mon propre pays je regarde la vieille dame dont le mari a la maladie d’Alzheimer, faire les poubelles de mon immeuble, je vois les sans-papiers qui travaillent illégalement pour pouvoir nourrir leurs familles depuis parfois une dizaine d’années, se faire expulser illico-presto vers des pays où ils n’ont plus d’histoire et aucun avenir décent à espérer, j’écoute ce gouvernement qui comme tous les autres manie habilement la plupart des concepts –justice, dignité, raison, etc-, j’écoute sa communication qui livre des informations qui me semblent très éloignées de la réalité du Peuple, je côtoie, je regarde comme sans me résoudre à le croire complètement, les sans-domiciles fixes de plus en plus nombreux, les quêteurs, les crève-la-faim, comme si Paris aujourd’hui, devenait chaque jour un peu plus la Cour des Miracles, je regarde au supermarché, ce dont se nourrissent les gens, c’est-à-dire du strict nécessaire, j’ai moi-même des difficultés à payer mes propres factures , je vis au jour le jour et sans avoir d’économies, tout cela respire trop souvent la misère et la pauvreté, l’asthénie, la tristesse ou le désespoir ; cela pourtant n’empêche pas la Dignité. Il n’y a que les inconscients et les indifférents qui ne songent qu’à eux, il n’y a que les vaniteux, les monstrueux et les définitivement perdus, qui ne savent pas qu’en chacun, devant moi, devant eux, je trouve mon semblable. C’est une Humanité à multiples vitesses et dans des mondes différents qui se joue sous nos yeux. Chacun habite un Temps comme dissocié du Temps des autres. La communication, vu l’effort des uns et des autres, passe de moins en moins. Chacun se retourne vers lui, vers sa propre communauté. Chacun cherche en lui-même, l’énergie qu’il faut pour durer.
Dieu est mort ? Dieu n’est mort que pour ceux qui ne sentent pas son existence. Que l’Humanité ne vaut rien ? C’est ce que nous avons de mieux. Que la vie n’est rien que souffrances ? Si tel est votre bon plaisir… Quelle absurdité selon moi… A quoi bon se résoudre à vivre si ce n’est pas pour obtenir un minimum de satisfactions, de bonheur, de bien-être ?
De là cette farce ou tragi-comédie qui s’intitule Time Is Money, sous forme de fragments, tentative de donner du Sens et d’ouvrir des voies, des chemins, volonté de creuser, des passerelles, des directions et des passages, vers d’autres possibilités que celles infiniment restreintes que nous jette en pâture le monde d’aujourd’hui, qui selon moi est à vomir, y compris et surtout de par sa propre volonté d’aveuglement, son grand désir de générosité d’un point de vue théorique, et ce plaisir qu’il prend à jouir de sa propre bonne conscience, sans que précisément, et c’est le but, cela ne l’empêche de dormir ou de se remettre en question. Ce monde est à vomir mais c’est le seul que nous ayons ; et autant y participer plutôt que de le fuir à l’autre bout du monde, là où il est plus beau, plus agréable à regarder, en compagnie de ceux qui eux-aussi ont placé leur honneur dans la volonté de rester humains ou bien, dignes de l’être. Il nous faut de l’humour autant que du sérieux pour « persévérer » dans nos êtres. Je tiens le mot de Spinoza, mon maître : « persévérer ». Persévérer c’est ce qui en nous tous accroît notre puissance d’Exister. Cela vaut bien que l’on se joue un peu du monde et de la société, à mes yeux l’unique « Sacré », c’est l’Existence Humaine, et tout le reste vaut bien peu.
Cela fait partie de ma propre quête de tous les jours, depuis toujours, que de ne pas vouloir me complaire dans l’Absurde et dans l’Insensé quand bien même ils peuvent nous rendre fous de par la dose de Vérité que nous pouvons supporter, car nous sommes à mes yeux, les seuls pourvoyeurs du Néant et les uniques constructeurs de l’Absurde, nous sommes nous Responsables, tous autant que nous sommes, du Néant et du Rien que nous dénonçons ici-bas, nous participons à ce Vide, de par ce pacte comme inhumain que nous avons signé dés l’instant où nous sommes sortis de la Destination du Genre Humain pour poursuivre les voies de sa dissolution et de sa déchéance. Parce que nous sommes tous pour moi et de prés ou de loin de nos jours, les responsables du fourvoiement de la Véritable Raison Kantienne et/ou Hégélienne.
Si l’Absurde fait Sens, pourquoi se déranger ? La Liberté de l’Être, effectivement toujours nouvelle et sans cesse renouvelable, toujours à conquérir, ne se conquiert jamais en baissant sa garde et les bras devant l’adversité, ce n’est pas en rendant les armes, ni même en remplissant les urnes, qu’aujourd’hui se gagne la liberté ; la liberté de quoi d’ailleurs ? La liberté d’être nous-mêmes et de le demeurer. Vae Victis ou « Malheur aux vaincus » ; nous ne sommes pas si loin de nos jours, de cet ancien ordre du monde qui s’opposait à la raison en prônant la loi du plus fort. Comme à l’aube des temps nous sommes revenus avant le Christianisme, avant sa volonté de proclamer l’Universel qui voulait que le monde soit désormais une Communauté Humaine non de maîtres et d’esclaves, mais de frères et sœurs tous égaux. Vois-tu le Vide et le Néant ? Pauvre idiot : c’est toi qui le crée !
Telle est mon intuition qui ne vaut sans doute que pour moi mais que peut-être, certains partagent. De là ce décalage qui me fait voyager de par l’écriture et la peinture, précisément où bon me semble. C’est une question de survie trop proprement existentielle ; écrire me comble de bonheur, fait partie de mon équilibre. Je ne puis vivre sans et depuis bien longtemps. Ce monde-là, du point de vue de mon humanité personnelle, n’est pas à proprement parler un monde viable au sens où je me réjouis de coexister avec lui, d’y habiter, d’y vivre. Jamais je ne renoncerai à le changer, de par les moyens artistiques, littéraires et philosophiques qui sont les miens, car ce serait là abdiquer face à sa propre opacité, ce serait refuser de lutter, refuser de chercher, de chercher toujours à comprendre, ce que signifie son obscurité, or je refuse évidemment de passer de l’autre côté, de rejoindre le club de ceux qui ont baissé les bras ou se sont dénigré eux-mêmes, car ce serait donner raison à leurs propres ténèbres et à tout ce qui dans le monde, la société et la réalité, m’écoeure et me déplaît.
En ce qui me concerne, puisque je pense clairement, tout m’apparaît bien laid et extrêmement décevant dans la perspective de nos possibilités, ce quand bien même évidemment et par bonheur, je suis encore sensible à la beauté du monde. Ce n’est pas de grandes idées, que je veux m’accabler moi-même ou même accabler le lecteur mais de principes simples, puisque tout selon moi a déjà été dit et de bien plus belle manière. Pour moi il ne fait pas l’ombre d’un doute, que nous sommes sortis des voies de la Destination du Genre Humain et que nous en payons le prix. Si l’Humanité toute entière doit périr, comme elle le fait à chaque instant, c’est effectivement de notre faute à tous. Nous en sommes tous responsables, tous complices; et par la même tous maudits. Mais ce sont les Etats en particuliers, de par leurs choix de Sociétés, qui sont les premiers responsables.
Depuis 1945, le Monde devait changer, évoluer vers le meilleur. C’est ce qu’il me semblait enfant. Ce que la Réalité d’alors m’enseignait. Le Monde de l’après-guerre avait la volonté en pansant ses propres blessures de se préserver à l’avenir de toute barbarie. C’est ce qu’ont proclamé les Nations-Unies en 1948 et de magnifique manière dans le Préambule de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Nous sommes en 2008. Le Monde change-t-il en mieux ? Est-il plus supportable ? Tout dépend de l’endroit où nous nous trouvons ; et de notre propre situation. S’il demeure que les Justes, pour toujours sont bénis, précisément parce que leurs existences à eux rachètent le monde entier, je conçois que pour la plupart de ceux qui ont renoncé à vouloir que le monde soit autre, pour ceux qui ont acquis la certitude qu’ils ne pourraient pas le changer ni y participer sinon en le subissant, pure impuissance pour la plupart, ou pour les mieux lotis : solution de désistement et de facilité que nous dicte le relativisme qui se dit réaliste et qui aujourd’hui nous accable-, le monde sans efforts, de là se change en pire, et avec efficacité.
Si nous comprenions seulement, que le Bonheur de Tous, est la Condition du Bonheur de Chacun, et non le contraire comme c’est prôné aujourd’hui, si nous pouvions de nouveau concevoir toute l’Humanité comme une Unique Communauté Humaine, une Unique Famille, le monde évoluerait en mieux ; or ce n’est pas le cas. A chacun de trouver sa place et son espérance de vie, dans ce Monde hypocrite, lâche, indigne, malsain et infiniment corrompu. Que Dieu vous garde et bon courage, prenez bien soin de vous, des gens que vous aimez, qui vous sont proches, l’Humanité commence ici, dans le soin qu’on prend de Soi et d’Autrui, dans cette dose de courage, d’amour, de volonté, de sagesse et de vérité qui nous donne la Foi et le courage d’espérer ; si ce n’est de nous battre pour avancer.
Vae Victis ? Avec plaisir ! Ce monde ne nous donne plus le choix. C’est une impossibilité pour tous ceux qui croient en l’Humain et l’Humanité, de ne pas accepter la lutte et de refuser le combat que ce monde-là nous propose. Alleluia ! Amen. A chacun de choisir son camp et de là, son destin. Trop de gens de nos jours, n’ont même plus ce choix, et c’est cela qui constitue notre plus grande honte, notre plus grande indignité humainement parlant ; les laisser mourir accablés par l’indifférence du monde et la laideur de la réalité auxquels tous nous participons.
Tel est mon dernier mot pour les mois à venir puisque je laisse ce blog tel quel pour l’année à venir. NGK: Olé!